Cyclo-cross : le plan français pour contester trente ans de domination belge

Cyclo cross : le plan français pour contester trente ans de domination belge
Cyclo cross : le plan français pour contester trente ans de domination belge

Le coureur belge Eli Iserbyt, à Hamme (Belgique), le 27 janvier 2024. Le coureur belge Eli Iserbyt, à Hamme (Belgique), le 27 janvier 2024.

Il est loin, le temps des mauvaises nouvelles pour le cyclo-cross français. Le sélectionneur national, François Trarieux, n’a rien oublié de son premier jour aux responsabilités. 25 décembre 2012, devant la gare de Bruxelles. « C’était Noël, nous partions sur une épreuve et je récupère un coureur très prometteur qui descend du train. Il s’appelle Julian Alaphilippe et me dit : “Au fait, c’est ma dernière saison en cyclo-cross, mon équipe veut que je me concentre sur la route”. » Promis à une grande carrière dans ce cyclisme des bois et des forêts, Alaphilippe se réorienta, comme on le sait, vers deux titres mondiaux sur route et dix-huit journées de maillot jaune sur le Tour. Et la France, pourtant inventrice il y a plus d’un siècle du cyclo-cross – cette discipline « originelle », pratiquée en hiver, sur une heure de haute intensité et des parcours rustiques – continua son déclassement. Mais une dizaine d’années plus tard, la jeune génération est en train d’opérer une volte-face encourageante, faite d’offensives et de quelques grains de sable.

Trois Français s’élancent en favoris, samedi 3 et dimanche 4 février pour les Mondiaux de cyclo-cross, qui se tiennent à Tabor, en République tchèque. Léo Bisiaux en espoir (19-22 ans), Célia Géry et Aubin Sparfel en junior (17-18 ans) convoitent la médaille d’or. Seul le titre suprême, en élite, est pour l’instant hors de portée des Tricolores. Le dernier conquis par un Français remonte à 1993, lorsque s’est imposé Dominique Arnould. La date est presque aussi maudite que le succès sans successeur de Bernard Hinault dans le Tour de France, en 1985…

Cette année encore, la plus haute distinction est promise au Néerlandais Mathieu van der Poel (français par sa mère et résident belge) ou à un outsider flamand, puisque la Belgique a étendu une domination de fer sur le cyclo-cross depuis trente ans. « Pourtant, les Belges ne naissent pas avec le chromosome du cyclo-cross », insiste François Trarieux, qui a configuré un nouveau « modèle de performance » depuis sa titularisation en 2017.

« Barrière psychologique »

Riches en talents qui poussent comme des cèpes dans les sous-bois, enclins à signer des triplés mondiaux sous les yeux du roi Philippe, les Belges sont maintenant pris à revers. Ils étaient invaincus dans les parcours sablonneux, là où les roues passent en force et le haut du corps en souplesse ? L’équipe de France organise depuis 2022 un stage pour les juniors sur des terrains comparables ; un « bac à sable » est systématiquement ajouté aux circuits de la Coupe de France.

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