Les Peterson et leurs langues inventées, stars de films et séries

Les Peterson et leurs langues inventées, stars de films et séries
Les Peterson et leurs langues inventées, stars de films et séries

La couronne de la Maison Baratheon, lors de l'ouverture d'une exposition consacrée à la série télévisée médiévale fantastique de HBO "Game of Thrones", au Carrousel, le 7 septembre 2015 du Louvre, à Paris (LOIC VENANCE)

La couronne de la Maison Baratheon, lors de l’ouverture d’une exposition consacrée à la série télévisée médiévale fantastique de HBO « Game of Thrones », au Carrousel, le 7 septembre 2015 du Louvre, à Paris (LOIC VENANCE)

Ils sont derrière la création du dothraki et du valyrien dans « Game of Thrones » ou du chakobsa pour « Dune »: David et Jessie Peterson sont des créateurs de langues, les deux seuls au monde à vivre de ce travail, un « jeu » pour eux.

« Yer athzalar nakhoki anni, zhey qoy qoyi », soit « Tu es mon dernier espoir, sang de mon sang »: que serait la série « Game of Thrones » sans ces échanges plongeant le spectateur dans les luttes pour le Trône de fer?

Dans les films « Dune », le peuple Fremen parle lui le chakobsa en roulant les « r ». Originellement c’était un dialecte de chasseurs, dont s’est inspiré le romancier Frank Herbert pour son livre, porté à l’écran notamment par Denis Villeneuve.

Mais Frank Herbert, comme George R.R. Martin dans sa saga médiévale, n’ont glissé que quelques mots de ces langues dans leurs pages.

A l’issue d’un concours en 2009, David Peterson a été choisi pour développer le dothraki. Première mission rémunérée qui a fait décoller la carrière de ce diplômé en linguistique.

« Les langues peuvent être marrantes, or souvent elles sont traitées trop sérieusement. Il faut rire si on se trompe », estime l’expert lors d’une masterclass au festival international Séries Mania à Lille (nord de la France).

Avec sa femme Jessie, 42 ans, qui a toujours aimé jouer avec les mots, ils partent des scénarios et s’interrogent sur l’environnement des protagonistes, leur histoire, les objets dont ils se servent… Et « on extrapole », dit David.

Jessie par exemple pour le dessin animé de Pixar « Elementaire » devait créer une langue « où l’on entendait le feu ». Elle a catalogué une suite de sons (explosion, bruit d’une allumette…) et les a assemblés pour former des mots.

Dans la rue, elle a déjà entendu des enfants interpeller leur père dans ce langage. Une fierté.

Les communautés de fans de « Game of Thrones » vouent un culte au dothraki ou au haut valyrien – qu’il est possible d’apprendre via des cours ou, pour le second, par l’application Duolingo où l’on peut entendre leurs voix.

Le recours à des créateurs de langues s’est développé depuis « Star Trek » où était utilisé le klingon, créé par Marc Okrand en 1985. Nombre d’entre eux ne peuvent cependant vivre de ce travail.

– des langues vivantes –

David et Jessie Peterson n’inventent pas qu’une suite de mots. Ils commencent même par la grammaire – combien de genres, de temps… Puis David, amateur de musique, travaille sur les sons, quand Jessie développe le vocabulaire.

Le travail de création de langues est plutôt solitaire en principe, mais le calendrier serré des séries – souvent deux mois – impose ce partage des tâches.

Le couple prépare au mieux le terrain pour les acteurs, en leur envoyant des enregistrements des dialogues à la vitesse normale, à la vitesse lente, et même syllabe par syllabe. « Cela nous fait beaucoup transpirer », s’exclame David.

A la première projection de « Game of Thrones », il a entendu une petite erreur. « C’était tellement embarrassant », lâche-t-il.

Le duo crée parfois des nouveaux alphabets, pour des messages écrits à l’écran, comme dans la série « Vampire Academy ». « On part d’images, on crée des symboles, qui deviennent des lettres », explique David, faisant le parallèle avec l’invention de l’écriture il y a cinq millénaires.

Le couple a plaisir à partager son expertise, avec des « lives » sur leur chaîne YouTube « LangTime Studio ». Quelque 600 épisodes sont en ligne pour les amateurs de « conlang », langue construite.

Possible d’accélérer le processus de création grâce à l’intelligence artificielle? « Cela serait beaucoup de travail d’entraîner l’IA pour produire un petit nombre de choses, autant utiliser ce temps à créer la langue soi-même », balaie David. « La beauté du langage est qu’il est inhérent à l’humain. Il n’y a aucune raison d’enlever l’humanité dans les langues », abonde Jessie.

reb/may/rhl/dch

    

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