Pourquoi nous nous sommes permis d’utiliser l’anglicisme « boosté » dans un titre

Pourquoi nous nous sommes permis d'utiliser l'anglicisme "boosté" dans un titre
Pourquoi nous nous sommes permis d'utiliser l'anglicisme "boosté" dans un titre

Sylvain, un lecteur, nous reproche l’utilisation de l’anglicisme « boosté » dans un titre alors que le français propose plusieurs équivalents. Les emprunts à la langue anglaise demeurent rares dans nos colonnes et restent conditionnés par l’usage.

« Le commerce boosté par les animations », titrions-nous le 12 janvier 2024 en ouverture de page Sens – Vivre sa ville. À ce coup de boost de notre titre, Sylvain répond par un coup de boutoir bien senti. « Je suis de plus en plus agacé par votre utilisation de mots anglais à la place du français, nous écrit-il. Vos rédacteurs ont-ils la flemme de chercher le mot adéquat ? Par exemple : renforcer, augmenter, améliorer, accélérer, soutenir, etc. »

Un vocable admis par plusieurs dictionnaires

Cher Sylvain, il existe une raison pratique, à mille lieues de toute considération linguistique, à l’utilisation du terme « boosté » dans ce titre qui, vous l’aurez remarqué, court sur toute la ligne : il fait pile-poil la taille. Les équivalents bien français que vous citez ne passaient pas. On aurait bien écrit « dopé », mais c’est un autre anglicisme (quoi qu’étant peut-être de lointaine origine afrikaner…), à connotation plus négative. Encore fallait-il que nous nous sentions suffisamment autorisés à écrire ce « boosté » d’émanation toute britannique. L’usage, consacré par plusieurs dictionnaires de la langue française (mais certes pas par l’Académie française que le terme hérisse), nous le permettait.

À Auxerre, le chêne écarlate qui fait voir rouge

Pas d’opposition pour « internet » ou « budget »

Rassurons Sylvain : nous ne sommes pas des forcenés de l’anglicisme. Dans le sujet qui l’irrite, nous en comptons trois, sur 598 mots : boosté, mais aussi internet et budget. Notons qu’internet, n’ayant pas d’équivalent en français, n’offusque plus personne, pas plus que budget, mot anglais lui-même issu de l’ancien français bougette. C’est bien là le paradoxe. La langue anglaise, dont on redoute tant l’hégémonie, est bien plus riche en gallicismes (emprunts au français) que le français en anglicismes. Selon les sources, ils représenteraient 40 % à 70 % de ses mots actuels !

Quand un bateau lance un « mayday », le vrai anglicisme n’est pas celui qu’on croit

La faute en incombe à Guillaume le Conquérant qui, en posant le pied sur le sol anglais en 1066, y fit rayonner cette langue d’oïl dont son normand était un dialecte et qui enfanta plus tard l’ancien français. Depuis, l’Angleterre ne s’est jamais défaite de son plaisir de puiser dans le lexique en usage de ce côté-ci de la Manche. Et parfois, les vocables qu’elle en tire nous séduisent à notre tour. Interview, tennis, coach, battle, manager, pedigree ? Tous des anglicismes issus de gallicismes. Entre tant d’autres. Jusqu’au « mayday » lancé depuis les vaisseaux en détresse, construit phonétiquement d’après « m’aider ». Certes, et jusqu’à preuve du contraire, booster est un anglicisme pur. Comme l’est aussi notre bon vieux bateau, du vieil anglais bat (qui a donné boat). Ainsi vont les langues.

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Vincent Robinet
mediateur.yr@centrefrance.com

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