Sebastian Roché : « Les mauvaises pratiques policières sapent les fondements de la République

Sebastian Roché : « Les mauvaises pratiques policières sapent les fondements de la République
Sebastian Roché : « Les mauvaises pratiques policières sapent les fondements de la République

Les mauvaises pratiques policières, violence en tête, sont toxiques pour la nation. Le régime démocratique ambitionne de réunir les différences sur la base de l’égalité afin d’assurer la cohésion sociale, mais celle-ci est corrodée par des comportements que la morale réprouve et que la loi interdit. Il est temps que la classe politique en prenne conscience et déchire le voile d’ignorance qu’elle préfère se mettre sur les yeux.

Comme à Los Angeles en 1992, à Clichy en 2005, à Londres en 2011, le tir mortel sur Nahel à Nanterre provoque une indignation morale, et une colère qui déclenche des émeutes, déchirant la collectivité politique. Il est trop facile, et surtout erroné, de blâmer les comportements individuels des policiers. Les hommes politiques qui votent les lois, permettant aux policiers de tirer lorsqu’il n’y a pas de danger, sont à la source des émeutes destructrices. Blâmer les familles, les jeux vidéo, les médias sociaux et les quelques « pommes pourries » dans la police – qu’il convient de sévèrement punir – est la tactique des décideurs qui visent à s’exonérer de leurs responsabilités.

Ce sont pourtant eux qui choisissent de donner plus d’armes aux agents (Flash-Ball, LBD, grenades, armes longues), de réduire leur formation pour, précipitamment, « mettre du bleu » dans la rue et d’élargir les conditions d’usages des armes. Quoi qu’il en coûte. Ce sont nos gouvernants qui, puisant leurs références à l’extrême droite, propagent des « concepts » comme décivilisation et ensauvagement auxquels font écho des syndicats de police qui parlent de « guerre » contre « les nuisibles », un vocabulaire colonial, comme dans le tract d’Alliance et de l’Unsa du 30 juin.

Perte de confiance dans les élus et la loi

Un homicide policier « de trop » a mis le feu aux banlieues. Mais quel est le carburant qui a été enflammé ? Il est composé des émotions accumulées par les adolescents, lors de ces contacts ordinaires avec des policiers, faits de peur et d’humiliation. La jeunesse y est particulièrement sensible, plus que tout autre segment de la population. Ces expériences engendrent non seulement un rejet de la police, mais aussi une perte de confiance dans les élus et la loi, et un effondrement de la croyance dans la valeur des processus démocratiques. Ceci explique que les appels au calme ou la décision de mettre le policier en examen pour homicide volontaire n’a guère d’effet d’apaisement.

La discrimination et la brutalité sont régulières, lors des contrôles d’identité. Nous disposons maintenant de plus d’une dizaine d’enquêtes de politistes, démographes ou du défenseur des droits qui prouvent l’existence de contrôles au faciès de Paris à Marseille en passant par Lyon. La discrimination est un délit, quand bien même un policier en est l’auteur.

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